SALINE ROYALE

A travers l’étude & l’analyse de ce prestigieux site de projet, ensemble nous nous somme replonger dans l’univers de la pensée des lumières du XVIII° siècle en France. Afin de bien comprendre les aspirations, les sources d’inspirations intellectuelles relatives au contexte historique dans lequel s’inscrit la construction de ce site, nous avons donc préalablement ré-exploré les œuvres littéraires architecturales et scientifiques…

Histoire et contexte de la Saline :

La saline royale d’Arc-et-Senans est une ancienne manufacture de sel, commandée par le roi sous le règne Louis XV, entre 1775 et 1779. Celle-ci fut construite par l’architecte visionnaire et utopiste Claude-Nicolas Ledoux (1736-1806) alors membre de l’académie royale d’architecture, il professe une admiration sans bornes pour l’Antiquité régénératrice et se montre très critique envers l’architecture de son temps. Il fut très actif à la fin de l’Ancien Régime et reste l’un des principaux créateurs du style néoclassique.

La saline située à Arc-et-Senans dans le Doubs en Franche-Comté (Jura) est Implantée près de la forêt de Chaux. Elle fait alors partie des plus importantes salines d’Europe de son époque. Elle fut construite pour transformer la saumure extraite aux salines de Salins-les-Bains transférée jusqu’à Arc-et-Senans par le saumoduc long de 21 km. À cette époque, le sel était utilisé pour la conservation de certains aliments comme la viande ou le poisson. C’était donc à ce titre une denrée essentielle. Un impôt basé sur sa consommation, la gabelle, était perçu par la ferme générale. La Franche-Comté était une région relativement riche en gisements de sel gemme dans son sous-sol. En conséquence, on trouvait de nombreux puits salés dont on extrayait le sel par ébullition dans des chaudières chauffées au bois.

Cependant, après de nombreuses années d’exploitation, ces forêts s’appauvrissaient de plus en plus rapidement, le combustible devait en conséquence parcourir des distances de plus en plus importantes pour être acheminé, ce qui coûtait de plus en plus d’argent. De plus, au fil des années, la teneur en sel de la saumure diminuait. Durant une période, les experts du Roi (notamment les salinistes) cherchèrent même à exploiter les « petites eaux », mais ceci fut stoppé par un arrêt du conseil du Roi en avril 1773.

Depuis 1982, la Saline est inscrite sur la liste du patrimoine mondial par l’UNESCO : c’est le 12e site français et le 150e site au monde à être ainsi distingué. La Saline est désignée comme monument exceptionnel en tant que : « Illustration de tout un courant philosophique qui a parcouru l’Europe des Lumières et concouru à une forme d’architecture visionnaire ; Premier site de cette importance et de cette qualité réservée au travail des hommes ; Témoin de la naissance de la société industrielle en Europe à la fin du XVIIIe siècle ».

Avant projet de la Saline refusé par Louis XV roi de France.
Plan du projet de la Saline réalisée

Vues actuelles de la Saline

Détails des ouvrages réalisés

Vue panoramique de l’esplanade intérieure
Façade atelier de fabrication

Projets de Claude Nicolas Ledoux

Propylées / Portes de Paris (https://youtu.be/YO5Gl8UQQcI?si=AQAfRkeZbHaB4UiN)

Projets Etienne-Louis Boullée (1728-1799)

Avec Claude-Nicolas Ledoux, il fut l’une des principales figures de l’architecture néoclassique en France. Il a imaginé des projets d’édifices combinant la philosophie des Lumières, l’amour de la géométrie (formes géométriques simples) et une échelle gigantesque (accumulation de masses). Il suivit, entre 1744 et 1747, l’enseignement de Jacques-François Blondel, Germain Boffrand et Jean-Laurent Legeay, auprès de qui il apprit les principes de l’architecture française classique. En 1747, il perdit son père (Louis-Claude Boullée, géomètre expert) et ouvrit sa propre école d’architecture. Il fut élu à l’Académie royale d’architecture en 1762 et devint architecte de Frédéric II de Prusse, titre largement honorifique.

Sous la Révolution française, il fut l’un des quinze académiciens qui envoyèrent à l’Assemblée nationale un projet d’Académie nationale des Arts (1791). En 1793, il fut nommé suppléant au Jury national des Arts et légua ses dessins et ses manuscrits à la Nation (ils sont aujourd’hui à la Bibliothèque nationale de France). Il participa au jury des concours de l’An II (1794) et fut élu membre de l’Académie des beaux-arts de l’Institut de France lors de sa création en 1795.

Illustration recherche/Classification des formes & volumétries géométriques remarquables par E-L Boullée

Cénotaphe à Newton (1784) :